TV Films
Il s'agit d'un épisode de la célèbre série de programmes éducatifs et musicaux animés par le compositeur et chef d'orchestre Leonard Bernstein avec l'Orchestre philharmonique de New York.
Une leçon de musique magistrale, accessible et illustrée en direct par des performances orchestrales et vocales de premier ordre, un format où le génie de pédagogue de Bernstein excellait.
Pour illustrer les sommets de l'émotion, du drame et du lyrisme propres à la musique romantique du XIXe siècle (Berlioz, Verdi, Wagner, Richard Strauss), Bernstein s'était entouré d'immenses stars de l'opéra de l'époque :
- Birgit Nilsson (la légendaire soprano wagnérienne)
- Leontyne Price (l'une des plus grandes sopranos verdiennes du XXe siècle)
- Frances Bible (mezzo-soprano)
- Albert Da Costa et David Lloyd (ténors)
- Morley Meredith (baryton)
- Edward Villella (célèbre danseur et chorégraphe pour une section dansée)
Pendant l'émission, Bernstein décortiquait l'esthétique romantique : le culte du héros, l'expression exacerbée des sentiments, la fatalité et la fusion entre la littérature (avec des évocations d'Edgar Allan Poe ou de la poésie) et la musique. Les œuvres s'étendaient des prémices du romantisme jusqu'aux géants du post-romantisme.
Birgit Nilsson y chante la mort d'Isolde de TRISTAN UND ISOLDE.
Dimanche 26 décembre 1965 : THE GOLDEN RING
Le 26 décembre 1965, la BBC2 diffuse The Golden Ring, un film documentaire d'une heure et demie réalisé par Humphrey Burton. Ce téléfilm est aujourd'hui considéré comme un classique et un jalon de l'histoire de la télévision musicale. Il plonge les spectateurs dans les coulisses des sessions d'enregistrement de Götterdämmerung (Le Crépuscule des dieux), point d'orgue de la mythique première intégrale en studio de la Tétralogie de Wagner par la maison de disques Decca, sous la direction de Sir Georg Solti et produite par le visionnaire John Culshaw.
Le projet fou de John Culshaw (enregistrer tout le Ring en stéréo) a duré de 1958 à 1965 dans les Sofiensäle de Vienne. Culshaw ne voulait pas simplement poser des micros devant un orchestre ; il voulait utiliser la stéréo naissante pour créer des effets spatiaux, un véritable « théâtre de l'esprit » (theatre of the mind). Envoyer une équipe de télévision filmer les dix dernières sessions d'enregistrement à l'automne 1964 était un pari technique et humain inédit pour l'époque.
Des pots-de-vin à la police viennoise
Les Sofiensäle (une ancienne salle de bains publique transformée en salle de bal puis en studio) étaient situées en plein cœur de Vienne. Pour éviter que le grondement des camions et le bruit des tramways ne gâchent les prises de son ultra-sensibles de Decca, l'équipe de production avait trouvé une méthode très locale : elle offrait des bouteilles d'alcool et des "gratifications" à la police de Vienne pour bloquer ou détourner le trafic routier autour du bâtiment pendant les moments clés de l'enregistrement.
Le désaccord Culshaw / Solti sur la Marche Funèbre
Le documentaire capte des moments de tension artistique brute, loin des opérations de promotion lisses d'aujourd'hui. L'un des moments les plus mémorables montre un désaccord franc entre le chef d'orchestre Georg Solti et le producteur John Culshaw concernant le tempo et l'impact dramatique de la célèbre Marche funèbre de Siegfried. On y voit la réalité du travail en studio, où le producteur dans sa cabine d'écoute a parfois le dernier mot sur le chef au pupitre.
Les cornes de chasse synchronisées par téléphone
Pour les appels des vassaux de Hagen à l'Acte II, Wagner exige des instruments bien spécifiques : des appeaux ou cornes de chasse (Stierhörner). Pour obtenir l'effet d'écho et de distance voulu par Culshaw, les sonneurs ne se trouvaient pas dans la salle principale avec l'Orchestre Philharmonique de Vienne. Ils avaient été installés dans un autre bâtiment, et le son était renvoyé dans la cabine via des lignes téléphoniques et des micros dédiés. La synchronisation parfaite avec le geste de Solti tenait du miracle technique.
4. Birgit Nilsson et le cheval Grane
John Culshaw savait que Birgit Nilsson adorait plaisanter et qu'elle avait un tempérament très direct. Pour l'enregistrement de la scène finale de l'Immolation de Brünnhilde (Götterdämmerung), où elle s'adresse directement à son cheval Grane avant de sauter dans le bûcher funéraire, Culshaw a secrètement loué un authentique cheval blanc de l'école d'équitation de Vienne. Pendant que Nilsson était au micro, concentrée et prête à chanter les répliques adressées à l'animal, les techniciens ont fait entrer discrètement le cheval derrière elle dans le studio des Sofiensäle. Lorsque Nilsson s'est retournée ou a perçu le mouvement, elle est restée absolument pétrifiée et stupéfaite en découvrant l'animal en chair et en os à quelques centimètres d'elle, en plein milieu d'un studio d'enregistrement ultra-sécurisé. Elle a immédiatement éclaté de rire en comprenant le piège et l'audace de l'équipe de production, une réaction spontanée et chaleureuse qui humanise merveilleusement ce documentaire de la BBC.
Pourquoi ce film est historique
- Le montage à l'ancienne : On y voit les techniciens de Decca couper et coller la bande magnétique manuellement, au rasoir, pour assembler les meilleures prises. Une dextérité physique totalement disparue avec le numérique.
- Une distribution d'immortels : En plus de Solti, le film montre au travail des monstres sacrés du chant wagnérien à leur apogée : Birgit Nilsson, Wolfgang Windgassen (Siegfried), Gottlob Frick (un Hagen terrifiant) et Dietrich Fischer-Dieskau (Gunther).
- Le style "Direct" : Humphrey Burton a choisi un style très dynamique (caméra à l'épaule, interviews sur le vif au milieu de la fumée de cigarette — omniprésente à l'écran), ce qui donne au spectateur l'impression d'être un membre de l'équipe technique.
Mardi 28 mars 1967 : STIMULANTIA
Le projet Stimulantia est un long-métrage collectif (un film à sketches ou "omnibus") sorti au cinéma en 1967 en Suède. Le concept initial était simple : donner carte blanche à neuf réalisateurs suédois majeurs pour proposer leur propre interprétation visuelle de ce qui constitue un "stimulant" ou une source d'excitation (qu'elle soit intellectuelle, sexuelle, artistique ou financière). Le film réunit des grands noms de l'époque, notamment Ingmar Bergman (qui y filme les deux premières années de la vie de son fils Daniel) et Ingrid Bergman (qui joue dans un segment réalisé par Gustaf Molander).
Le segment dans lequel apparaît Birgit Nilsson est réalisé par Arne Arnbom (un réalisateur suédois très axé sur les captations musicales et documentaires à l'époque).
- Le concept : Contrairement aux parties scénarisées du film (adaptées de Maupassant ou Balzac), le sketch de Birgit Nilsson est de nature documentaire. Arnbom la filme en pleine action, capturant la "stimulation" purement artistique et physique que procure le chant d'opéra au plus haut niveau.
- Le contenu musical : On y voit Birgit Nilsson en répétition, interprétant l'un de ses rôles fétiches les plus exigeants : Isolde dans Tristan und Isolde de Richard Wagner. Elle est accompagnée pour l'occasion par le chef d'orchestre Stig Westerberg.
- L'esprit Nilsson : Le segment capte non seulement la puissance vocale monumentale de la soprano, mais aussi son humour piquant et légendaire. Fidèle à sa réputation de ne pas s'en laisser conter par les chefs, elle y balance une de ses fameuses remarques venimeuses, égratignant au passage les chefs d'orchestre qui ont tendance à penser que l'orchestre est bien plus important que la chanteuse sur scène.
Lundi 18 avril 1967 : TRISTAN UND ISOLDE à Osaka
En avril 1967, la troupe du Festival de Bayreuth se déplace à l'étranger pour une de ses rares tournées majeures, invitée dans le cadre du Festival International d'Osaka. L'événement a lieu au Festival Hall d'Osaka. La troupe y apporte deux productions phares réglées par Wieland Wagner : La Walkyrie et Tristan et Isolde.
Le film est une production de la NHK (la compagnie de télévision publique japonaise). Ce sont ses équipes qui ont posé les caméras dans la salle pour diffuser et archiver le spectacle. Bien qu'il s'agisse de noir et blanc et d'une technologie vidéo d'époque, la réalisation capte magnifiquement l'esprit scénique.
La mise en scène est signée Wieland Wagner. C'est le cœur historique de ce film : Wieland est le créateur du "Nouveau Bayreuth", caractérisé par des décors minimalistes, des jeux de lumière expressionnistes et une approche très psychologique, presque psychanalytique. Tragiquement, Wieland est mort six mois avant la tournée (en octobre 1966). Ce film à Osaka est donc l'un des rares témoignages visuels directs et complets de son travail scénique révolutionnaire sur Tristan.
C'est le chef d'orchestre français Pierre Boulez qui dirige le NHK Symphony Orchestra (l'orchestre national japonais). Wieland Wagner, avant sa mort, avait expressément choisi Boulez pour cette tournée après leur collaboration réussie sur Parsifal à Bayreuth. L'anecdote historique : Cette rencontre fut explosive. Boulez, figure de l'avant-garde, aborde Wagner avec une clarté analytique, moderne et nerveuse, très loin du romantisme lourd traditionnel. Birgit Nilsson a d'ailleurs écrit dans ses mémoires qu'elle avait trouvé Boulez "non préparé" et beaucoup trop rapide (il boucle l'Acte I en 72 minutes). Elle et Wolfgang Windgassen ont dû lui indiquer les tempos traditionnels pendant les répétitions au piano !
Ce film est le seul document vidéo intégral réunissant la distribution mythique des années 1960 au sommet de leur art : Birgit Nilsson, Wolfgang Windgassen, Hans Hotter. Avec également Hertha Töpper (Brangäne) et Frans Andersson (Kurwenal)
1 janvier 1968 : BIRGIT NILSSON par Eric M. Nilsson
Le documentaire télévisé intitulé simplement Birgit Nilsson, réalisé par le cinéaste suédois Eric M. Nilsson, est une œuvre d'archive particulièrement précieuse pour les amateurs d'opéra. Diffusé pour la première fois le 1er janvier 1968 en Suède (produit par la télévision publique SVT), ce film offre une plongée intime et sans fard dans le quotidien de la plus grande soprano dramatique wagnérienne de son époque.
Le film adopte le style du "cinéma direct" ou "cinéma vérité" très en vogue dans les années 1960. Au lieu d'être un portrait biographique classique assis dans un studio, le réalisateur Eric M. Nilsson a choisi de suivre pas à pas Madame Nilsson en pleine tournée internationale. Le documentaire capte la réalité brute de la vie d'une immense star d'opéra à l'apogée de ses moyens vocaux et de sa gloire, voyageant d'une métropole à l'autre. Le spectateur la suit notamment à :
- New York (au Metropolitan Opera)
- Vienne (à la Staatsoper)
- Chicago
- Stockholm
- New Haven et Lexington
Le grand intérêt du documentaire réside dans l'accès total qu'a obtenu le réalisateur. Le film montre la dualité entre la dimension surhumaine de la tragédienne sur scène et la simplicité désarmante de la femme au quotidien. On y découvre :
- Les coulisses et les loges : Les moments de concentration intense juste avant d'entrer en scène dans des rôles écrasants comme Isolde (Tristan et Isolde) ou Brünnhilde (La Walkyrie / Le Crépuscule des Dieux).
- Le travail de répétition : Les interactions professionnelles exigeantes, la rigueur technique, le travail avec les chefs d'orchestre et les metteurs en scène.
- La vie sur la route : Le contact quotidien avec les directeurs de théâtres, les agents artistiques, les séances de dédicaces, mais aussi la gestion de la fatigue des voyages.
- L'humour légendaire de Birgit Nilsson : Le film capte la répartie et l'esprit mordant (l'humour scandinave très pince-sans-rire) pour lequel Birgit Nilsson était presque aussi célèbre que pour son aigu d'acier.
Fiche technique
- Titre original : Birgit Nilsson
- Réalisation et production : Eric M. Nilsson (un réalisateur suédois né en 1935, connu pour ses documentaires originaux et ses essais télévisuels.
- Directeur de la photographie : Åke Åstrand
- Date de sortie / diffusion originale : 1er janvier 1968 (Suède)
- Distribution : Birgit Nilsson (dans son propre rôle)
À noter : Ce film de 1968 est l'un des rares documents visuels d'époque qui saisit l'artiste en pleine action à la fin des années 1960, une décennie qui a marqué le sommet absolu de sa carrière (notamment après l'enregistrement historique du Ring de Wagner avec Georg Solti pour Decca). Des extraits de ce documentaire de Eric Nilsson sont régulièrement réutilisés dans les hommages et les rétrospectives plus récentes sur la chanteuse (comme le film de 2018 A League of Her Own).
Mardi 25 février 1969 : TURANDOT RAI Turin
Film-opéra réalisé pour la télévision italienne (RAI) et enregistré le 25 février 1969.
L'équipe artistique et le plateau
Ce film réunit une distribution légendaire de la fin des années 60 :
- Turandot : Birgit Nilsson. C'était le rôle signature de la soprano suédoise, qu'elle dominait alors sans partage dans le monde entier grâce à sa puissance vocale d'acier, capable de traverser sans effort les orchestres les plus denses.
- Calaf : Gianfranco Cecchele (un ténor italien à la voix très héroïque, parfait pour donner la réplique aux éclats de Nilsson).
- Liù : Gabriella Tucci (touchante et lyrique à souhait).
- Direction musicale : Georges Prêtre, à la tête de l'Orchestre symphonique et des Chœurs de la RAI de Turin (RAI Torino).
Contrairement à une simple captation de scène à l'opéra avec ses micros fixes, il s'agit d'une véritable production télévisuelle filmée en studio (un "film-opéra"). Les chanteurs enregistraient généralement la bande-son en amont, puis jouaient et chantaient en synchronisation (playback) devant les caméras de la RAI pour soigner les cadrages, les décors et la mise en scène adaptée au petit écran. Visuellement, les décors en studio jouent à fond la carte de la Chine impériale mystique et théâtrale, typique des grandes productions de l'époque.
On trouve aujourd'hui très facilement des extraits (et même l'intégralité) de cette production de 1969 sur YouTube. Le grand moment de bravoure reste évidemment le face-à-face du deuxième acte entre Nilsson et Cecchele pendant la scène des énigmes, mené de main de maître par la direction toujours très théâtrale et vibrante de Georges Prêtre.
Mardi 19 novembre 1974 : TRISTAN UND ISOLDE à Orange
La diffusion du film Tristan et Isolde de Pierre Jourdan le mardi 19 novembre 1974 sur la première chaîne de l'ORTF est un moment historique pour les wagnériens. Il ne s'agit pas d'un film de studio, mais de la captation d'une représentation légendaire entrée dans les annales de l'opéra.
L'origine : La nuit mythique d'Orange (1973)
Le film est la captation brute et en direct de la représentation du 7 juillet 1973 au Théâtre antique d'Orange, dans le cadre des Chorégies. Cette soirée est restée célèbre pour ses conditions d'enregistrement dantesques : un mistral violent soufflait sur le plateau, faisant voler les costumes et s'engouffrant dans les micros. Loin de gâcher le spectacle, ce vent déchaîné a insufflé une tension dramatique et une atmosphère presque irréelle (notamment durant le duo d'amour de l'acte II), parfaitement enregistrées par la caméra de Pierre Jourdan et la mise en scène scénographique de Nikolaus Lehnhoff.
Pour ce sommet du drame wagnérien, les plus immenses interprètes de cette époque étaient réunis sous la direction d'un chef légendaire :
- Direction musicale : Karl Böhm (à la tête de l'Orchestre National de l'ORTF et des Chœurs du New Philharmonia Chorus).
- Isolde : Birgit Nilsson
- Tristan : Jon Vickers
- Kurwenal : Walter Berry
- Brangäne : Ruth Hesse
- Le Roi Marc : Bengt Rundgren
La réalisation de Pierre Jourdan
Pierre Jourdan avait une véritable passion pour la transposition de l'opéra à l'écran (on lui doit aussi des captations de Norma ou Aida). Sa force sur ce Tristan a été d'utiliser l'immense mur du Théâtre antique d'Orange comme un décor de cinéma à ciel ouvert. Plutôt que d'essayer de masquer les gros plans sur les visages en sueur des chanteurs ou les effets du vent, sa réalisation télévisuelle a embrassé le gigantisme et l'aspect physique de la performance. C'est l'un des rares témoignages filmés en couleur de Nilsson et Vickers au sommet de leurs moyens dans ces rôles.
La diffusion originale s'est étalée sur plusieurs soirées (les 19, 20 et 21 novembre 1974) en raison de la longueur de l'œuvre (environ 3h30 de musique), une pratique courante à la télévision de l'époque pour intégrer un tel chef-d'œuvre sans saturer la grille de fin de soirée. Cet enregistrement a par la suite fait l'objet de prestigieuses éditions en DVD.
Samedi 1 septembre 1979 : Gala de l'UNICEF à Vienne
Le 1er septembre 1979, la grande soirée de gala diffusée en direct à la télévision (notamment sur les chaînes helvétiques et européennes) avait lieu à l'Opéra d'État de Vienne (Wiener Staatsoper). Il s'agissait du Gala de l'UNICEF, resté dans les mémoires comme l'un des concerts lyriques les plus mémorables de son temps.
L'Événement : Gala International de l'UNICEF
Ce concert de bienfaisance, présenté et introduit par le célèbre critique musical autrichien Marcel Prawy, a réuni un plateau d'artistes absolument prodigieux que l'on n'a plus jamais revu ensemble par la suite.
Les Artistes & Le Programme
Le spectacle était divisé en plusieurs actes majeurs, naviguant entre le grand répertoire allemand, le bel canto italien et le drame verdien :
- Le volet Wagner (Acte 1) : Dirigé par Horst Stein, il a vu défiler Leonie Rysanek (Tannhäuser), René Kollo (Lohengrin), Siegfried Jerusalem (dans les Winterstürme de La Walkyrie) et Birgit Nilsson pour un Liebestod de Tristan et Isolde d'anthologie.
- Le volet Bel Canto (Acte 2) : Dirigé par Miguel Gómez Martínez, mettant en vedette Agnes Baltsa (La Cenerentola), Nicolai Ghiaurov (Le Barbier de Séville) et Edita Gruberova dans la fameuse scène de la folie de Lucia de Lammermoor.
- La surprise au pupitre : Plácido Domingo a troqué son costume de ténor le temps de diriger l'Orchestre de l'Opéra de Vienne pour l'Ouverture de La Force du Destin de Verdi.
- Le grand final (Acte 3) : Piero Cappuccilli et Plácido Domingo (revenu au chant) ont interprété des airs d' Andrea Chénier, avant un final grandiose d'Aida réunissant Domingo, Cappuccilli et la grande Montserrat Caballé.
19 novembre 1988 : Du är en människa
La fiche technique du film
- Titre original : Du är en människa
- Titre international (sous-titre) : Singing is breathing
- Réalisation : Kajsa Dahlström et Sam Samuelsson (qui ont d'ailleurs fondé ensemble la compagnie Globteatern et l'organisation Globträdet).
- Période de tournage : Le projet a suivi Torsten Föllinger sur une longue période entre 1980 et 1986, capturant sa philosophie concrète au quotidien.
- Sortie / Première officielle : Le film est sorti en 1987 en Suède (durée d'environ 47 minutes). La date du 19 novembre 1988 correspond à sa toute première diffusion télévisée sur la télévision publique suédoise (SVT).
La rencontre au sommet : Föllinger, Dahlström et Birgit Nilsson
Le cœur du documentaire repose sur la transmission et la physiologie de la voix.
Torsten Föllinger y développe sa vision unique : le chant n'est pas un effort mécanique, mais le prolongement naturel du souffle, indissociable de l'état émotionnel de l'individu. La présence de Birgit Nilsson dans le film apporte une caution extraordinaire.
Elle qui possédait l'une des voix les plus puissantes de l'histoire de l'opéra (souvent comparée à un "rayon laser" capable de traverser les orchestres de Strauss ou de Wagner les plus denses) vient y illustrer cette idée absolue : la puissance et la projection ne naissent pas de la force, mais d'une liberté totale de la respiration.
Dans le film, les interactions et les témoignages (auxquels participe également l'acteur Allan Edwall) montrent à quel point la technique de Föllinger rejoignait l'expérience organique des plus grands interprètes de la scène lyrique.